Liste des fromages non fermentés : ceux que vous pouvez manger

Dans beaucoup de cuisines, les fromages non fermentés restent coincés au rayon « produits light », alors qu’ils ont bien plus à offrir. Entre fromage blanc, ricotta, mascarpone, cottage cheese ou encore fromage de chèvre frais, cette grande famille de fromages à pâte fraîche joue un rôle discret mais central dans les plats du quotidien. ... Lire plus
Margaux Lévêque
Liste des fromages non fermentés — plateau de fromages frais avec herbes

Dans beaucoup de cuisines, les fromages non fermentés restent coincés au rayon « produits light », alors qu’ils ont bien plus à offrir. Entre fromage blanc, ricotta, mascarpone, cottage cheese ou encore fromage de chèvre frais, cette grande famille de fromages à pâte fraîche joue un rôle discret mais central dans les plats du quotidien.

Textures souples, goûts doux, usage aussi simple en salé qu’en sucré : ces fromages à consommer crus ou juste tiédis ouvrent un terrain de jeu immense, surtout quand on aime improviser à partir d’un bon pain et d’un frigo bien garni.

Cette liste de fromages non fermentés n’a rien d’une énième fiche de nutrition moralisatrice. L’idée est plutôt de comprendre comment ils sont fabriqués, pourquoi un fromage non affiné ne réagit pas comme un camembert ou un comté, et dans quels cas ils deviennent de vrais alliés.

Une salade de tomates qui manque de fondant ? Quelques dés de mozzarella. Une quiche un peu lourde ? On remplace une partie de la crème par du fromage à tartiner frais. Un dessert de dernière minute ? Ricotta, miel, fruits rôtis, et le tour est joué. Une fois ces repères en tête, il devient beaucoup plus simple de choisir parmi les pots alignés en rayon, sans se laisser perdre par les slogans « léger » ou « protéiné ».

En bref

  • Fromage sans fermentation longue signifie en pratique fromage à pâte fraîche, très humide, sans croûte ni affinage prolongé.
  • Les grands classiques de cette famille : fromage blanc, faisselle, ricotta, cottage cheese, mascarpone, mozzarella, feta, chèvre frais.
  • Beaucoup de ces fromages frais sont plus pauvres en gras que les pâtes pressées, mais certains, comme le mascarpone, sont très riches : l’étiquette reste votre meilleure boussole.
  • En cuisine, ils apportent fondant, douceur et légèreté dans les quiches, gratins, desserts, dips et tartines.
  • Ce sont des fromages à consommer crus ou peu cuits, avec une durée de vie courte : mieux vaut acheter moins, mais souvent.

Fromages non fermentés : définition simple, repères visuels et erreurs fréquentes

Quand on parle de « fromage sans fermentation », on pense spontanément à un produit presque neutre, voire aseptisé. En réalité, il y a toujours un minimum de fermentation lactique pour faire coaguler le lait.

Fromages non fermentés : définition simple, repères visuels et erreurs fréquentes — plateau de fromages frais avec herbes

Ce que l’on désigne sous le nom de fromages non fermentés, ce sont surtout les fromages à pâte fraîche, qui n’ont pas connu de séjour prolongé en cave ni de développement de croûte. Toute l’histoire se joue dans les premiers jours suivant la traite.

Visuellement, ces fromages se repèrent très vite. Pas de croûte épaisse, ni de duvet blanc comme sur un fromage à croûte blanche de type brie, pas de croûte orangée lavée, pas de veinures bleues. La pâte est uniforme, souvent bien blanche ou crème, parfois légèrement granuleuse comme pour la ricotta ou le cottage cheese. Quand on entaille une faisselle ou un chèvre frais, le couteau glisse sans résistance, et on voit parfois perler un peu de lactosérum à la surface.

Au nez, autre repère : ces fromages dégagent des arômes de lait, de crème, parfois une pointe d’acidité rappelant un yaourt bien égoutté, mais jamais les notes « cave humide » typiques des pâtes persillées ou des fromages à pâte molle affinés. Pour une personne qui n’aime pas les odeurs puissantes, cette famille constitue une porte d’entrée confortable vers l’univers du lait transformé. On peut d’ailleurs jouer sur cette douceur pour introduire le fromage aux enfants ou à des invités réticents.

Sur le plan technique, un fromage à pâte fraîche se situe entre un yaourt et un brie. Le lait est chauffé modérément, ensemencé avec des ferments lactiques, puis coagulé grâce à l’acidité et parfois à une petite dose de présure. On découpe ensuite le caillé, on l’égoutte plus ou moins longtemps, et l’on s’arrête là : pas de longue attente, pas de retournements en cave pendant des semaines. Cette fabrication courte explique la texture souple et l’humidité élevée.

C’est cette eau qui fait toute la différence. Elle donne ce côté onctueux en bouche, mais limite la durée de conservation. Un fromage blanc ouvert le lundi ne fera pas illusion jusqu’au dimanche suivant. La surface se liquéfie, jaunit, la saveur tourne. L’erreur classique consiste à acheter des pots familiaux « pour faire des économies », puis à les oublier au frigo. Pour ces produits, mieux vaut penser frais que stock : un petit pot de ricotta utilisé dans les 48 heures a bien plus d’intérêt qu’une barquette géante terminée à contrecœur.

Autre confusion fréquente : mélanger yaourts et fromages frais. Le yaourt reste un lait fermenté, non égoutté, où le lactosérum est toujours présent. Un fromage à pâte fraîche, lui, a subi un égouttage, même léger, qui concentre les protéines et modifie la texture. Dans une recette, ces différences comptent. Une sauce prévue pour du fromage blanc peut vite devenir trop liquide si on remplace par un simple yaourt.

Derrière cette apparente simplicité se joue un point clé : ces fromages non affinés ne sont pas des sous-produits. Ils représentent un choix de style, au même titre qu’un comté longuement affiné ou qu’un roquefort. Cette idée change complètement la manière de les choisir, mais aussi de les servir à table.

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Panorama des principales familles de fromages frais et non affinés

Pour ne pas se perdre dans les rayons, il aide de classer les fromages frais par grandes familles, en fonction de leur texture et de leur fabrication. Un fromage blanc battu ne se comporte pas du tout comme un mascarpone, et un fromage de chèvre frais n’a ni le même goût ni le même pouvoir de liaison qu’une ricotta. Ce tri permet de savoir rapidement vers quel pot tendre selon la recette du jour.

Première famille : les fromages de type fromage blanc, faisselle, quark. Leur point commun, c’est une coagulation lente surtout lactique et un égouttage modéré. Résultat : une masse lisse, très humide, qui se mange volontiers à la cuillère. On y retrouve certains fromages à consommer crus les plus polyvalents : au petit-déjeuner avec un peu de miel, en sauce froide pour napper des crudités, ou encore en base légère d’un gâteau moelleux. Ils se tiennent moins bien à haute température et ont tendance à trancher s’ils sont bouillis ; il vaut mieux les ajouter hors du feu ou les mélanger avec un liant (œufs, fécule).

Deuxième famille : les fromages issus du lactosérum, comme la ricotta ou certains brocciu jeunes. Ici, on ne part plus du lait entier, mais du petit-lait récupéré après la fabrication d’un autre fromage. On le chauffe, on l’acidifie, et les protéines restantes coagulent à leur tour. Techniquement, on reste sur un fromage non affiné, à pâte fraîche, mais la texture diffère : plus granuleuse, plus dense, parfaite pour garnir des cannelloni, des légumes farcis ou des chaussons de pâte à pain. Ces fromages supportent assez bien la cuisson, à condition de ne pas les dessécher.

Troisième bloc : les fromages frais enrichis en crème, comme le mascarpone ou certains cream cheese. On est là sur des produits très riches, presque plus proches du beurre que du lait écrémé. Leur mission n’est pas de faire régime, mais d’apporter du velouté. Un tiramisu sans mascarpone perd son identité, de même qu’un glaçage de carrot cake sans fromage à tartiner bien gras. Pour l’équilibre nutritionnel, substituer ponctuellement un fromage de brebis plus léger, comme certains produits analysés dans cet article sur le fromage de brebis et le cholestérol, peut avoir du sens, surtout si ces desserts reviennent souvent au menu.

Quatrième famille, souvent chouchou des plateaux de printemps : le fromage de chèvre frais. Présenté en petits palets, en bûchettes ou en faisselles, il n’a pas encore développé la croûte plus sèche et le cœur concentré des crottins affinés. La saveur est déjà marquée, mais sans la puissance d’un chèvre sec. En cuisine, ce fromage à pâte fraîche de chèvre se glisse dans les cakes salés, les tartes fines aux légumes, ou simplement sur une tranche de pain grillé avec un filet de miel ou d’huile d’olive.

Il ne faut pas oublier les fromages frais de type mozzarella ou feta, souvent rangés mentalement dans la catégorie « salade d’été ». Ces deux-là restent pourtant des piliers. La mozzarella, surtout en version au lait de bufflonne, joue le rôle de championne du fondant sur pizza ou gratin. La feta, plus ferme et salée, apporte relief et protéines dans une salade de tomates, de pastèque ou de légumes rôtis. Toutes deux restent des fromages non affinés ou très peu affinés, que l’on consomme généralement crus ou juste fondus.

Pour visualiser les différences d’un coup d’œil, ce petit tableau récapitulatif peut servir de base.

Famille Exemples Texture Usages clés
Fromages à pâte fraîche doux Fromage blanc, faisselle, quark Lisse, très humide Sauces froides, desserts, gâteaux moelleux
Fromages de lactosérum Ricotta, certains brocciu jeunes Légèrement granuleuse Farces, lasagnes, tartes salées
Fromages frais enrichis Mascarpone, cream cheese Dense, crémeuse Tiramisu, cheesecakes, crèmes
Chèvres frais Palets, bûchettes de chèvre frais Souple, légèrement friable Salades, tartines, cakes salés
Fromages frais « salade » Mozzarella, feta Élastique ou ferme Salades, gratins, pizzas

Une fois ces familles repérées, on commence à raisonner en textures autant qu’en saveurs. Devant une recette, la question n’est plus « quel fromage en promo ? », mais « ai-je besoin d’un fromage qui file, qui tartine, qui structure une farce ? ». Cette simple bascule change beaucoup de choses dans la façon d’improviser.

Une vidéo utile pour situer les fromages frais dans la grande famille du fromage

Pour celles et ceux qui aiment voir les textures en mouvement, rien ne vaut une démonstration filmée des différentes pâtes. Une recherche ciblée permet de repérer des dégustations comparatives entre fromages frais et fromages affinés.

Liste des fromages non fermentés à connaître et comment les utiliser au quotidien

Passons maintenant au concret, avec une liste de fromages non fermentés qu’on croise souvent en magasin, et quelques idées précises pour les employer. L’objectif n’est pas de tout retenir, mais de repérer ceux qui correspondent à vos habitudes de cuisine.

Le fromage blanc arrive en tête. En version nature, il sert de base à des sauces légères pour crudités, à condition de l’assaisonner franchement : sel, poivre, citron, herbes fraîches. Battu avec un peu de sucre et de vanille, il devient un dessert simple, surtout accompagné de fruits de saison. Dans la pâte d’un cake, il remplace une partie du beurre et apporte un moelleux durable. On est ici sur un fromage à consommer cru ou peu chauffé, qui perd vite son charme s’il bout.

La ricotta fait partie des chouchous des cuisiniers pressés. Mélangée à des épinards hachés, un œuf, du parmesan, elle garnit des cannelloni, des raviolis maison ou une tarte rustique. Fouettée avec un peu de miel, elle donne une crème dessert express, à servir avec des figues ou des poires rôties. Pour bien la choisir, mieux vaut vérifier la liste d’ingrédients : lait ou lactosérum, ferments, sel, point. Quand les épaississants s’accumulent, la texture en cuisine devient moins prévisible.

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Le cottage cheese, encore discret dans les cuisines françaises, mérite qu’on s’y attarde. Ses grains de caillé baignés dans une crème plus fluide offrent une sensation en bouche différente du fromage blanc. Sur une tartine de pain complet avec des radis, du sel et un filet d’huile d’olive, il compose un petit-déjeuner très rassasiant. Dans une omelette, ajouté en fin de cuisson, il apporte du moelleux sans graisse fondue. Beaucoup de sportifs l’utilisent comme source de protéines, mais il gagne à sortir des shakers pour rejoindre les assiettes du quotidien.

Impossible d’oublier le mascarpone. Bien sûr, il reste associé au tiramisu, mais son potentiel ne s’arrête pas là. Une cuiller de mascarpone montée au fouet avec un peu d’eau de cuisson vient finir un risotto, en lui donnant ce côté nappant si recherché. Dans une purée de pommes de terre, il remplace une partie du beurre, pour une onctuosité plus douce. On se situe ici à l’opposé des fromages blancs maigres : ce n’est pas un produit de régime, mais un outil pour densifier une préparation quand cela a du sens.

Côté salades, la mozzarella et la feta occupent une place à part. Dans une salade de tomates, une bonne mozzarella de qualité, légèrement tempérée, vaut tous les assaisonnements compliqués. La feta, émiettée sur une plaque de légumes rôtis (courgettes, aubergines, poivrons), apporte le sel, la texture et la touche lactée qui manquent souvent à ces plats. Ces deux fromages peuvent aussi se glisser dans des sandwichs chauds, des gratins, voire certaines préparations au four, car ils supportent assez bien la chaleur.

Enfin, le fromage de chèvre frais mérite une place en or sur la liste. Écrasé avec de l’huile d’olive, du thym et du zeste de citron, il devient une tartinade prête pour l’apéro. Dans une quiche aux légumes, quelques rondelles déposées sur la surface avant cuisson apportent relief et caractère. C’est aussi un allié intéressant pour ceux qui digèrent moins bien le lait de vache, même si chaque organisme réagit différemment et qu’un avis médical reste la meilleure référence en cas de doute.

Pour résumer, une petite « base » de frigo idéale pourrait rassembler : un fromage blanc nature polyvalent, une ricotta pour cuisiner, un fromage à tartiner type cream cheese, une mozzarella ou une feta pour les salades et un chèvre frais pour le caractère. Avec ce noyau dur, les possibilités se multiplient sans effort.

Fromages à pâte molle, fromages à croûte blanche : comment ne pas les confondre avec les fromages frais

En rayon, beaucoup de consommateurs hésitent entre ce qui relève vraiment des fromages non fermentés et ce qui appartient plutôt aux fromages à pâte molle classiques. Un camembert jeune, très blanc au cœur, peut tromper au premier regard. Pourtant, la présence d’une croûte fleurie, même fine, signale un affinage déjà en cours. On n’est plus dans la catégorie du fromage sans fermentation longue, mais bien dans celle du fromage affiné.

Un fromage à croûte blanche comme le brie ou le coulommiers passe plusieurs semaines en cave. Sa pâte évolue, se transforme, développe des saveurs de champignon, de crème, parfois de sous-bois. Même jeune, il ne se comporte pas comme un fromage à pâte fraîche. En cuisson, il file davantage, se tient différemment sur un plateau, supporte d’être servi à température ambiante plus longtemps. Les fromages non affinés, eux, restent plus fragiles et plus sensibles à la chaleur.

Pour cette raison, remplacer un fromage blanc par un brie dans une recette, ou inversement, donne rarement un résultat convaincant. Les deux familles n’ont ni le même pouvoir de liaison, ni la même quantité d’eau, ni le même goût. Le réflexe à garder en tête : dès qu’il y a croûte perceptible, on quitte le terrain du fromage frais pour entrer dans celui des fromages affinés.

Fabrication d’un fromage à pâte fraîche : du lait à la cuillère

Comprendre la fabrication aide beaucoup pour anticiper le comportement des fromages en cuisine. Un fromage non affiné respecte grosso modo quatre grandes étapes : préparation du lait, ensemencement, coagulation, égouttage. Ce chemin est commun à la majorité des variétés, avec des nuances de température, de temps et de gestes.

Tout commence par le choix et la préparation du lait. Selon le résultat visé, le producteur utilise du lait de vache, de chèvre ou de brebis, cru ou pasteurisé. Le lait cru, juste réchauffé, donne des fromages plus expressifs, mais demande une hygiène impeccable. Le lait pasteurisé offre une régularité appréciée pour les gros volumes, surtout pour les fromages à consommer crus peu de temps après fabrication. On ajuste ensuite la teneur en crème : crème retirée pour un fromage maigre, ajoutée pour un fromage riche comme le mascarpone.

Vient ensuite l’ensemencement avec des ferments lactiques. Ces bactéries transforment le lactose en acide lactique, faisant doucement baisser le pH. Cette acidification prépare la coagulation, mais modifie aussi texture et goût. Pour un fromage frais, les températures restent relativement basses et les temps de fermentation assez courts, de quelques heures à une journée. Le but n’est pas de développer une palette aromatique complexe, mais d’obtenir un caillé fin, sans brutalité.

La coagulation peut se faire par acidification seule, ou être aidée par une petite dose de présure. Les protéines du lait s’assemblent alors et piègent l’eau et les matières grasses, formant un gel plus ou moins ferme. La façon de découper ce gel change beaucoup de choses. De gros cubes libèrent moins d’eau, donnant une pâte plus humide, idéale pour un fromage blanc battu. Un découpage plus fin permet un égouttage plus poussé, comme pour certaines faisselles.

L’égouttage constitue la dernière étape clé pour le fromage sans fermentation longue. On laisse le caillé perdre une partie de son lactosérum, par simple gravité ou dans des moules perforés. Pour les fromages de lactosérum type ricotta, ce sont les flocons remontés à la surface du petit-lait chauffé qu’on récupère. Dans tous les cas, l’affinage s’arrête pratiquement là : le fromage est rapidement salé, conditionné, refroidi, puis envoyé vers les points de vente.

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Cette fabrication courte explique pourquoi ces produits restent fragiles. Ils ont besoin d’une chaîne du froid bien gérée et d’une consommation rapide. Un comté de 18 mois peut tolérer quelques écarts, là où un fromage blanc ou un fromage à tartiner frais tourne vite. C’est aussi ce qui fait leur charme : ils sont l’expression immédiate du lait du jour, sans long détour par la cave.

En cuisine, garder ce parcours en tête permet de mieux doser les cuissons. On comprend par exemple pourquoi un fromage frais supporte mal le micro-ondes ou les températures très élevées : ses protéines n’ont pas été « tannées » par des mois d’affinage. Il aime les gratins doux, les sauces ajoutées hors du feu, les appareils à quiche où œufs et amidon viennent l’aider à se tenir.

Comment choisir, conserver et accorder les fromages non fermentés sans se tromper

Dernier volet de cette liste de fromages non fermentés : les gestes du quotidien qui permettent d’en profiter au mieux. Devant le rayon, trois critères comptent plus que les slogans : la fraîcheur, la composition, la cohérence entre le fromage et l’usage prévu. Une fois cette grille adoptée, le choix devient beaucoup plus instinctif.

Côté fraîcheur, l’idéal est de repérer une date de fabrication. Quand elle n’apparaît pas, la date limite de consommation reste un indicateur : plus elle est éloignée, plus on a de chances que le pot soit récent. Visuellement, une ricotta ou un fromage blanc doivent présenter une surface lisse, sans auréole jaunâtre ni liquide en excès. Pour les fromages moulés type faisselle ou chèvre frais, la croûte doit rester souple, sans craquelures sèches.

Pour la composition, un bon fromage sans fermentation longue se contente en principe de quelques ingrédients : lait ou lactosérum, ferments, éventuellement présure, sel, crème. Quand s’ajoutent épaississants, stabilisants, arômes, on glisse vers des préparations laitières plus que vers un fromage au sens traditionnel. Ce n’est pas forcément à bannir, mais mieux vaut le savoir, surtout si l’on cherche un produit simple pour des recettes familiales.

La question de la teneur en matières grasses mérite aussi d’être nuancée. Beaucoup de fromages frais sont moins concentrés en gras qu’un comté ou un cantal, parce qu’ils contiennent davantage d’eau. Mais un mascarpone ou certains fromages à tartiner riches dépassent largement certains fromages à pâte pressée. L’unique juge reste l’étiquette nutritionnelle, plus que la simple mention « frais » ou « léger ». Pour celles et ceux qui surveillent leur cholestérol, alterner entre lait de vache, chèvre et brebis, comme détaillé dans ce dossier sur le lien entre fromage de brebis et cholestérol, donne souvent plus de souplesse.

Une fois à la maison, ces fromages demandent un peu d’attention. Ils se conservent dans la partie la plus froide du réfrigérateur, bien fermés. Après ouverture, deux à trois jours représentent une bonne limite pour garder texture et saveur intactes. Pour éviter le gaspillage, une astuce consiste à prévoir dès l’achat deux usages rapprochés : par exemple, un dip de crudités au fromage blanc le premier soir, puis une quiche ricotta-légumes le lendemain.

Côté accords, les règles changent par rapport aux fromages affinés. Avec un fromage blanc, une ricotta ou un chèvre frais, les vins blancs vifs et peu boisés fonctionnent très bien : un Sauvignon, un Chardonnay non élevé en fût, certains vins de pays légers. Les rouges très tanniques dominent vite ces textures délicates. En pain, les miches à croûte marquée et mie tendre créent un contraste intéressant avec la douceur lactée. Un fragment de bon pain au levain, grillé, tartiné de fromage à tartiner frais et parsemé d’herbes peut suffire à faire un repas léger mais satisfaisant.

Pour finir, une petite boussole d’usages aide à y voir clair :

  • Fromage blanc et faisselle : sauces froides, desserts rapides, bases de gâteaux.
  • Ricotta et brocciu jeunes : farces de légumes, lasagnes, tartes salées, desserts au miel.
  • Cottage cheese : tartines protéinées, garniture de salades, omelettes épaisses.
  • Mascarpone et cream cheese : tiramisu, cheesecakes, crèmes fouettées, enrichissement ponctuel de purées.
  • Chèvres frais, mozzarella, feta : salades, bruschette, gratins doux, pizzas maison.

Vu sous cet angle, le rayon des fromages non fermentés n’a plus rien d’ennuyeux. Il devient un terrain d’expérimentation, où l’on pioche selon ses envies du moment et le pain que l’on a sous la main.

Comment reconnaître un vrai fromage à pâte fraîche au rayon laitier ?

Un fromage à pâte fraîche se repère à l’absence de croûte formée et à une pâte uniforme, blanche ou crème, souvent très humide. L’étiquette mentionne en général ‘fromage frais’ ou ‘fromage à pâte fraîche’ et la liste d’ingrédients reste courte : lait ou lactosérum, ferments lactiques, éventuellement présure, sel, crème. Dès que l’on voit une croûte fleurie (duvet blanc) ou lavée (orangée), on sort de la catégorie des fromages non fermentés au sens courant.

Les fromages non fermentés conviennent-ils aux femmes enceintes ?

Beaucoup de fromages frais au lait pasteurisé peuvent être consommés pendant la grossesse, à condition de respecter la chaîne du froid et de les manger rapidement après ouverture. En revanche, les fromages à pâte fraîche au lait cru restent déconseillés. La mention ‘lait pasteurisé’ est donc à vérifier systématiquement sur l’emballage, et en cas de doute, le mieux reste de demander l’avis du médecin ou de la sage-femme.

Peut-on congeler des fromages frais comme la ricotta ou le fromage blanc ?

La congélation est possible, mais la texture change souvent après décongélation, surtout pour les fromages très humides. Pour la ricotta, cela reste acceptable si le fromage est ensuite utilisé en cuisson (lasagnes, gratins). Pour le fromage blanc ou le cottage cheese consommés crus, la congélation est moins intéressante, car la pâte devient souvent granuleuse et relâche davantage d’eau.

Un fromage à tartiner du commerce est-il toujours un fromage non affiné ?

Pas forcément. Certains fromages à tartiner sont issus de mélanges de fromages affinés fondus, complétés d’eau et d’épaississants. D’autres appartiennent vraiment à la famille des fromages frais, fabriqués par coagulation et égouttage d’un lait enrichi en crème. La différence se lit sur l’étiquette : si l’on trouve ‘fromages fondus’ ou un mélange de plusieurs fromages, on n’est plus dans un fromage à pâte fraîche au sens strict.

Quels fromages non fermentés utiliser pour alléger une quiche ou un gratin ?

Pour alléger une quiche, on peut remplacer une partie de la crème par du fromage blanc battu ou de la ricotta, en veillant à bien assaisonner. Dans un gratin, un mélange de fromage blanc épais et de lait entier donne une sauce plus légère qu’une béchamel classique. Les fromages frais très riches comme le mascarpone n’allègent pas les recettes, ils servent plutôt à apporter une texture crémeuse plus dense.

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